Lors d'un passage sur une route à grande vitesse, j'ai vu en contre-haut un site équestre. Pension, écurie privée ou petit club, aucune idée. Il y avait de beaux paddocks bien trop petits au bord de cette route, un beau camion et probablement des gens très bien habillés et de jolis 4x4 sur le parking.
Tout de suite je me suis dis « comme les chevaux doivent manquer de calme dans leurs micro parcs (imitant péniblement la nécessité du pâturage). »
De là je me suis dis : comment des gens ont-ils pu croire un jour que des chevaux soient heureux de cette façon ? … conditionnement !
Conditionner c'est influencer. On influence tous la vie de nos chevaux (cet article a pour sujets principaux les chevaux mais cela se transpose bien évidemment aux chiens, tortues, poissons, animaux sauvages captifs etc). Choisir le pré, le troupeau de nos chevaux c'est du conditionnement. Certes je fais en sorte que mes chevaux soient au mieux dans leur environnement mais ils auraient d'autres envies que celles que je leur impose cela ne m'étonnerait pas ! Je vous parle pourtant d'une vie en pâturage tournant, avec de l'herbe toute l'année, du foin à volonté, des carottes pour la gourmandise, des copains pour les liens sociaux, de l'activité respectueuse et une humaine qui les aime inconditionnellement. Cependant je sais que je conditionne leurs vies.
Alors quand je vois des lieux équestres chics en bord de route où roulent à plus de 80km/h les voitures à côté de chevaux parqués dans des paddocks de 30 m2, je suis triste.
Les chevaux peuvent ne pas montrer de signes de mal être ou bien ne sont-ils pas écoutés, entendus ? Pour certaines personnes, un cheval ulcéreux c'est encore normal. Pour d'autres l'aspect pratique du lieu permettant de monter son cheval deux fois par semaine à la débauche sans avoir à le brosser car il a sa couverture ou qu'il est au box – faudrait pas avoir en plus à perdre du temps en brossage- prévaut sur son...bien-être ? Quoi, kékecé ? Encore un truc d'écolo reloue ça !
Je suis la première à constater que j'influence la vie de mes chevaux en leur créant des espaces que je choisis avec des interactions que je choisis à des moments que je choisis. Par cet article j'invite à réfléchir avec honnêteté sur nos croyances entre ce qu'est le bien-être et la part de conditionnement qui existe. Mon cheval est-il bien ou ne connaît-il que cela ?
J'ouvre une porte parmi les dizaines qui me traversent l'esprit en écrivant ces quelques lignes, mais il est possible qu'au sein de cette pension que j'ai vue, des chevaux se montrent impatients de rentrer au box. Les paddocks dont l'herbe au goût, à l'odeur et au bruit de pollution ne leur convenant pas forcément. Les cavaliers, si cela est le cas, ont-ils pensé que cela pouvait venir de l'emplacement des paddocks ou concluent-ils un peu simplement que leur cheval préfère le box ?
Et vous, ça vous évoque quoi le conditionnement ?