En plein changement dans mes envies equestres, je suis dans une conviction qu'il est possible de travailler son cheval en le respectant. Le respect dont je parles va au delà des conditions de bien-être que je dirais « de base ».
J'essaye de trouver une équitation où le consentement du cheval est pris en considération. Dans ce cheminement je rencontre des embûches bien vite dès que je m'intéresse à l'origine des réactions négatives du cheval. J'ai commencé à parler cheval grâce à Mr Pignon et cette approche a été bénéfique notamment dans les cas où je suis avec des chevaux martyrisés par l'humain.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il y a des chevaux sujets à la malveillance pouvant aller à la maltraitance sans que leurs humains ne s'aperçoivent de l'impacte de leurs actes. C'est ensuite, quand je me retrouve avec un cheval de huit ans très réactif, en colère et donc dangereux que je me prends en pleine face toute la connerie humaine qu'il a subit jusqu'ici. La communication animale aide à comprendre et à vérifier ce qu'il a connu pour qu'enfin la vie lui soit plus douce.
Les deux premières choses avec un fort impact négatif qui reviennent trop fréquemment sont : un sevrage précoce et un débourrage mal fait. Ce sont les deux premiers vrais contacts avec l'homme et déjà cela donne le ton : l'humain brise les liens sans gêne ni écoute et se permet aisément d'agir avec violence sur un jeune donc sans défense.
Ce genre d'actes il ne faut pas chercher loin pour le voir. En France bon nombre d'élevages (les professionnels devraient montrer l'exemple mais argent oblige, il faut que ça défile) imposent un sevrage à six mois voir moins ! C'est scandaleux. Dans la nature, le poulain reste avec sa mère sur une année, jusqu'à la prochaine mise bas de celle-ci (environ onze mois). Cette année a une importance cruciale pour le bien-être du poulain qui va notamment apprendre à distinguer les plantes toxiques grâce à l'enseignement de sa mère. Il va aussi développer des comportements sociaux essentiels en troupeau.
Un poulain qui vit un sevrage sain fait à un an, sera un cheval serein qui acceptera davantage la solitude plus tard. Contrairement à des inepties entendues chez des youtubeuses cavalières pseudo éleveuses, on ne s'amuse pas à séparer un poulain de sa mère avant la période dédiée car cela crée juste des traumatismes bien souvent invisibles à cet âge mais très présents et impactant dans sa vie d'adulte.
Dans les centres équestres ou même ailleurs, un cheval récalcitrant est encore plus encouragé en ce sens puisque l'humain par peur, par colère et par impatience va renforcer le combat entre les deux. Trop de fois j'ai entendu « rentre lui dedans », « ferme lui la bouche », « fracasse le ça va le calmer » et j'en passe. Une équitation que je n'ai jamais tolérée ni écoutée. Certaines personnes m'ont fait les gros yeux en me regardant de haut l'air de penser que je n'obtiendrai rien ou encore que je n'étais qu'une flipette. Quelle personne est la plus peureuse entre celle qui veut taper un cheval colérique pour le faire rentrer dans le rang ou celle qui décide de l'observer, l'écouter, tenter de le comprendre et aller en douceur dans une nouvelle démarche pour montrer que l’interaction avec l'humain peut être douce et appropriée ?